Voyage autour du monde à la découverte de couteaux d'ici et d'ailleurs
Si une première implémentation de ce type de mécanisme apparaît dès 2021 sous l'appellation "Recoil Lock", équipant alors l'inconventionnel Sandrin Torino, cette tentative restera plutôt confidentielle pendant deux ans. Puis, deux designers réinventeront simultanément le concept sous des noms différents en 2022: chez l'américain Andrew Demko, il s'appelle "Shark Lock" et équipe bientôt aussi bien ses customs que ses collaboration avec Cold Steel; tandis que chez le malaysien Snecx Tan, il se reçoit le nom "Superlock" et se fait connaître du grand public par le biais d'une collaboration fructueuse avec We Knife/Civivi.
Loin de moi l'idée de chercher à savoir qui a eu l'idée en premier, qui aurait copié qui, ou pas... Il est un fait que parfois, les bonnes idées apparaissent spontanément à différents endroits du globe en des instants proches. Ce qui compte, c'est que ce mécanisme, sous ses différents variantes (car chaque design possède évidemment ses propres spécificités), soit aujourd'hui en passe de se démocratiser largement, pour le plus grand plaisir des amateurs de coutellerie.
On pourrait voir dans ce concept un hybride entre le Crossbar locks popularisé par Benchmade sous l'appellation "Axis Lock" et le Compression Lock de Spyderco: tout comme ce dernier, une languette de métal vient se glisser, lorsque la lame est complètement dépliée, entre le talon de la lame et l'axe de butée en ouverture. Mais comme le premier, le mouvement de la languette se fait le long de l'axe du manche.
Une fois ainsi positionné, c'est l'axe de butée lui-même qui absorbe tout l'effort de fermeture et non un quelconque ressort.
Pour que le verrou s'enclenche, la pièce mobile est poussée vers l'avant par un ressort hélicoïdal logé dans ou derrière le mécanisme, selon l'implémentation exacte de ce type de verrou. Ce choix a pour intention d'offrir une robustesse et une longévité supérieures à celles de ressorts Omega que l'on trouve dans les mécanismes de type Crossbar.
Pour libérer la lame, il suffit de tirer le mécanisme, accessible sur le dos du manche, vers l'arrière pour lutter contre l'action du ressort et ainsi dégager la languette de son emplacement.
Enfin, comme pour un Crossbar Lock, la détente d'ouverture est fournie par un décrochage dans le talon à la base de la lame, sur laquelle la languette du verrou vient faire pression lorsque le couteau est replié. La qualité de la détente varie d'une implémentation à l'autre, selon le soin apporté aux ajustements par les différents constructeurs. Dans le meilleur des cas, l'ouverture peut se faire d'une simple pichenette sur un ergot de pouce. Dans tous les cas, une ouverture par gravité/inertie est possible en libérant simplement le mécanisme.
Un tel concept n'est en revanche pas compatible avec l'ouverture du couteau par le biais d'un flipper, ce en quoi le Crossbar lock se démarque positivement.
Relativement simple et ludique d'utilisation, sa fiabilité n'a pour seule limite que la robustesse du manche. En outre, ce mécanisme permet de refermer le couteau sans que les doigts ne se trouvent sur la trajectoire de la lame.