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Escapades coutelières

Voyage autour du monde à la découverte de couteaux d'ici et d'ailleurs

Kernico "KN2": et de deux

Kernico "KN2": et de deux
Backstand powered!

Vendredi midi.

Ma lame trempée et nettoyée, il ne me reste plus que le manche à sortir pour officialiser la sortie de mon second modèle. L'étui viendra plus tard, quand j'aurai un soupçon d'inspiration.

Pour cette nouvelle création, je choisis des plaquettes tirées d'une vieille souche fendue quelques temps plus tôt chez mes parents. Les motifs sont intéressants à sec et la "révélation" à l'huile de lin promet de donner un résultat intéressant.

Après avoir rectifié mes plaquettes au backstand (la vache, comme c'est trop le bonheur cette machine) et percé deux trous en utilisant ma soie comme patron, je détoure vite fait la silhouette à la bande de 40. Et quand je dis "vite fait", c'est "vite fait", parce qu'à 20m/s de vitesse de défilement la question est réglée en une trentaine de secondes. 

À la râpe, ça m'aurait pris une bonne demi heure, ça aurait été beaucoup moins propre, et ma soie aurait encaissé quelques rayures au passage...

À la râpe, ça m'aurait pris une bonne demi heure, ça aurait été beaucoup moins propre, et ma soie aurait encaissé quelques rayures au passage...

Toujours au backstand, je réalise les chanfreins et l'encoche pour l'index. Un rapide retour à la perceuse à colonne pour l'emplacement des têtes de vis et il ne me reste plus qu'à passer le dos et le ventre au tissu abrasif pour arrondir les angles.

En tout et pour tout, l'affaire est pliée en une demi-heure. Les plaquettes partent faire trempette en prévision d'un montage lundi prochain. La marinade sera de courte durée parce que le bois me semble quand même bien plus poreux que l'olivier.

Et soudain, c'est le drame

Lundi midi.

C'est l'heure de vérité. J'ai mis les plaquettes à sécher au réveil pour avoir quelque chose à monter dans la journée. Je pars demain en séminaire avec les collègues et je n'ai pas l'intention d'y aller les mains vides.

Durant son séjour dans la marinade, mon bois a pris des reflets magnifiques. A première vue, mon nouveau couteau a vraiment une tronche sympa.

Et au second regard, quelque chose cloche.

Et au second regard, quelque chose cloche.

Flûte, j'ai un problème avec ma vis avant. Trop près du rebord de la plaquette, elle déborde sur le chanfrein de cette dernière. Visuellement, ça m'est vraiment insupportable.

J'étudie rapidement les options: impossible de rajouter la matière manquante à ma plaquette pour équilibrer le résultat. Je vais devoir partir sur une nouvelle paire. Dois-je laisser plus de matière à l'avant du manche ou percer un nouveau trou plus en arrière?

Un instant l'idée de laisser les choses en l'état et de passer à la suite m'effleure... Sauf que non, je n'en suis pas capable. Si c'était une lame en acier cheap, je n'aurais aucun scrupule à la coller à la poubelle et en faire une autre, mais là c'est mon deuxième échantillon de MagnaCut et ma première trempe. Je n'ai pas le droit de ne pas aller au bout des choses.

C'est décidé, j'essaie de percer un nouveau trou. Si je n'y arrive pas, j'essaie une autre forme de plaquette. Et si je n'y arrive pas non plus, alors seulement je laisse tomber.

Têtu comme une mule

Après avoir cassé deux forêts en carbure de trucmuche et grillé deux fraises diamantées, j'ai enfin réussi à percer un trou. Putain, le MagnaCut trempé, c'est vachement dur en fait! J'aurais du m'en douter quand j'ai flingué l'extrémité de mon pointeau en voulant marquer mon trou. Les forêts ont cassé avant même d'avoir réussi à rayer la surface de la soie. Quant aux fraises diamantées, il m'a fallu une bonne heure de patience pour enfin réussir à rogner les quelques milligrammes d'acier occupant l'espace à évider. A l'issue de l'opération, elles étaient devenues complètement lisses.

Rétrospectivement, j'aurais peut être mieux fait de laisser tomber en fait...

Quoi qu'il en soit, tout est prêt pour de nouvelles plaquettes. Je récupère deux morceaux d'olivier mis à sécher l'année dernière. Une vingtaine de minutes supplémentaires au backstand et mon manche v2 est taillé. Décidément, j'adore cet outil! Un coup de polissage et une photo souvenir avant de partir faire trempette, mon second couteau est officiellement terminé.

Là on peut causer!

Là on peut causer!

Je n'aurai plus qu'à remonter les plaquettes dans cinq jours.

Quand à mon bois d'origine, je lui offrirai une seconde vie sur le prochain modèle. Prochain modèle que je suis impatient de démarrer!

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